É.P.S.S. OU ÉCOLE PRÉPARATOIRE AUX SCIENCES DE LA SANTÉ

Publié le par Sétoc

      Elle unit au bas de l’échelle des études médicales, pharmaceutiques, et dentaires, la formation initiale des étudiants ayant postulé pour celles-ci. Remarquable par sa singularité et par son caractère novateur dans le système universitaire ivoirien, elle est copiée sur le système français de P.C.E.M. (utilisé en médecine) dont elle constitue la première année, mais à la différence, cependant, que l’É.P.S.S. est la première année des sciences de santé, en se comportant davantage comme un tronc commun à la médecine, à la pharmacie, à l’odontostomatologie.

 

     Ses méthodes sont uniques, et quoique structure universitaire autonome, elle se distingue nettement des unités de formation et de recherche (u.f.r.) qui ont toutes le même fonctionnement. Ce caractère spécial de l’école ne fait pas d’elle un meilleur exemple, d’autant que « ce qui est contraire à la raison n’est pas effet de sagesse » (Leibniz). En fait, si l’É.P.S.S. est aussi célèbre c’est grâce à son résultat final annuel qui n’excède pas 30% depuis sa création. En un sens, on dirait que c’est son aspect négatif, caractérisé par des méthodes uniques, et de sélection à la (dé) mesure des potentialités estudiantines qui l’a rendu célèbre, au point de devenir un trou commun dans lequel s’enterrent tous ceux qui y accèdent. Son accès est public et réservé aux nouveaux bacheliers répondant aux conditions définies par l’administration.

 

     Par le volume (surtout horaire) d’enseignements dispensés et par la méthode d’évaluation et de sélection, elle se range parmi les filières les plus difficilement franchissables : être donc admis au concours de l’É.P.S.S. est considéré une étape notable dans les études en sciences de santé.

                                                              

                                                          UNE ÉCOLE UNIQUE

      Le premier cours de l’école a été donné en 1992, et l’enseignement était constitué de matières scientifiques exclusivement comme c’est le cas de nos jours. L’évaluation finale se faisait en deux sessions et les sujets étaient de type rédactionnel. Cela avait un double avantage de vérification sûre et objective des connaissances, et de rattrapage, en cas d’échec, lors du premier tour pour les étudiants, mais avait aussi une similitude systématique avec les autres u.f.r. (qui évaluent par unités de valeur) en ce qui concerne les deux sessions de l’évaluation. Depuis 1995 des changements au niveau des méthodes d’évaluation ont été observés, et progressivement l’on a abandonné les sujets de type rédactionnel au profit de ceux de type questions à multiples choix (Q.C.M, Q.C.D.). Aujourd’hui, plus aucune discipline ne s’évalue par rédaction et la composition finale se déroule en une seule fois.


     Elle est la seule structure universitaire à organiser un concours de passage en année supérieure, la seule à ne dispenser rien que des cours magistraux, donc à ne pas organiser de travaux dirigés, et en comparaison, l’une des rares unités universitaires à respecter plus ou moins les délais de fin d’année. Ces données ont fait de l’É.P.S.S. une structure à part dans les universités de Côte D’ivoire d’autant plus que sa création résulte en partie de la volonté administrative de permettre à tous les élèves l’accès aux études médicales, à la seule condition que ceux-ci répondent à des conditions d’ordre exclusivement scolaire. Il était en effet difficile à tous les étudiants de suivre les études médicales avant la création de l’É.P.S.S. parce qu’elles nécessitaient beaucoup de moyens financiers à long terme, ainsi, n’étaient favorisés que les étudiants ayant des moyens financiers colossaux. Les autres, quoique peut-être intellectuellement aptes, s’orientaient là où les moyens financiers leur permettaient l’inscription. Cette situation pour le moins discriminatoire faisait sinon détruire, du moins passer au second plan, la volonté gouvernementale de création des structures universitaires publiques d’autant que là où l’État établit une structure c’est afin que tous ceux qui y doivent avoir l’accès l’aient. A cela s’ajoute la volonté des responsables de l'enseignement qui visait l'amélioration de la qualité de la formation en sciences de santé.


     Ainsi, cette école largement différente de tout ce qu'on peut appeler filière dans les universités de Côte D'ivoire, n'est pas créée pour inaugurer une nouvelle formation, mais pour perfectionner des formations déjà existantes, et en permettre l'accès à tous les élèves qui respectent les critères. Et puisqu'elle constitue une formation unique qui conduit à trois unités de formation et de recherches différentes, elle est connue à juste titre sous le nom de Tronc commun.
Il était moins probable à ses débuts qu’elle changerait de méthodes en si peu de temps par la volonté de ses dirigeants qui avaient très vite mesuré le danger populaire vers lequel courait l’école. Se doutaient-ils que la transformation de système par la mise en place de conditions rudes-telles que le concours, les copies de composition, etc.- serait de concéder à l’É.P.S.S. le titre le plus obscur, et la place la plus mauvaise dans le concert des u.f.r ?

                                                                        

                                                  STRUCTURE ET MÉTHODES

      L'É.P.S.S. est une école de l'université d'Abobo-Adjamé, elle prépare les futurs étudiants des sciences de santé par un examen final organisé sous forme d'un concours. Elle comporte une administration (subordonnée à celle de l'université) qui organise son examen final et coordonne ses enseignements: cette administration est constituée d'un directeur – équivalent au doyen dans les u.f.r. -, et d’un secrétaire principal qui exécute surtout les décisions prises par l’administration générale.


     La fonction de secrétaire principal est plus formelle qu’administrative : le secrétaire principal n’a de rôle que l’exécution des décisions prises, il n’est ni porte-parole des étudiants auprès de l’administration, ni celui de cette dernière auprès des étudiants ; ce qu’il donne comme information est en général signé de son supérieur le directeur, et il est plus disposé à recevoir les requêtes des étudiants pour les restituer à son patron qu’à trouver des solutions avec ceux-ci. Le secrétaire principal a donc plus un rôle d’éducateur comme dans les lycées (ce qui n’a pas de sens puisqu’il ne joue pas ce rôle), que d’administrateur. Le directeur, qui est un enseignant, relie l’école à l’administration générale ; il apparaît comme le plus apte à trouver des décisions qui correspondent au fonctionnement escompté de la structure, il y donne des cours donc connaît la structure et l’esprit qui y règne, il est éventuellement pédagogue donc maîtrise la diffusion des cours, et la qualité de l’enseignement dispensé.


      L’administration générale comprend le président, le vice-président de l’université, et bien d’autres. Le second est le responsable direct de l’aspect pédagogique de l’É.P.S.S., c’est ainsi qu’il est en collaboration avec le directeur. Ensemble, ils prennent des décisions sur l’organisation du concours, et tout ce qui l’entoure. Il est le principal responsable quand un retard s’observe dans une composition, et il est tenu de suivre régulièrement ses structures pour mener à bien leur fonctionnement. Sa fonction bien faite conduit à une meilleure structure scolaire sur le plan pédagogique, son indifférence, à un désastre scolaire. On peut donc dire que le vice-président à sa part dans l’échec organisationnel du concours en 2008 et en 2009.


     Les enseignants de l’école sont très nombreux, et cela résulte des modifications structurales observées depuis sa création en 1992. Les responsables de l’époque avait vu juste en évitant à chaque enseignant la responsabilité intégrale de la discipline dont il dispense les cours : ils ont permis, pour une discipline donnée, plusieurs enseignants de sorte que chacun d’eux soit responsable de son sujet de fin d’année, et qu’un seul soit le responsable général de la discipline. Ceci permet a priori d’éviter la tricherie et de donner sa crédibilité à la structure. Il était très facile de penser de cette manière et de l’appliquer, ce système étant utilisé dans toutes les u.f.r, et qu’on appelle unité de valeur modulée. Néanmoins, la mise en application d’un tel système s’avère tout de même difficile à l’É.P.S.S., et à bien des égards, paraît douteuse puisque chaque sous-responsable du cours est obligé de remettre ses questions d’évaluation au responsable principal de la discipline qui peut les transformer à sa guise et faire son sujet.


     Cette évidente faille qui met dangereusement en cause le système, est sue de tous quoiqu’étant contraire aux textes en vigueur qui stipulent qu’en ce qui concerne la répartition des questions d’examen, la majorité est donnée à l’enseignant qui a le volume horaire le plus important de cours. Mais depuis plusieurs années personne n’y fait rien pour restituer les prescriptions légales.


     Son enseignement est excellent pour qui veut suivre des études scientifiques avancées. Elle comporte, à ce jour, 10 disciplines scientifiques (voir tableau) allant des mathématiques à la physiologie médicale, dont les cours sont dispensées par une trentaine d’enseignants (le nombre varie avec la disponibilité de ces derniers). Les disciplines sont divisées en modules, c’est-à-dire en chapitres qui sont des éléments de la même discipline.


     Pour situer cette affirmation et en comprendre le fond, quelques détails s’imposent. La biochimie est une discipline enseignée au tronc ; son enseignement à l’É.P.S.S. est plus penché sur la structure des molécules biologiques que sur la fonction de celles-ci, c’est en ce sens qu’elle est appelée biochimie structurale. On divise son enseignement en protides, glucides, lipides et acides nucléiques ; chacune de ces divisions est assurée par un professeur ou par un groupe d’enseignants, ce qui fait que cette discipline comporte quelquefois jusqu’à 6 enseignants tous issus des facultés de sciences médicales, et des sciences pharmaceutiques d’Abidjan. Ceci est pareil dans la majorité des disciplines enseignées dans cette école.


     La majorité des enseignants sont issus des autres universités, précisément des u.f.r. de biosciences, des sciences médicales, et pharmaceutiques, et de sciences et structure de la matière, de l’université de Cocody. Cette distribution tient au fait que l’école a été créée en même temps que l’université qui l’héberge. C’est progressivement que quelques disciplines scientifiques, telles que chimies générale et organique ont eu leur responsabilité assurée par des enseignants locaux.


     L’examen de fin d’année de l’école est un concours qui autorise 400 personnes à être admis ; elle se fait sur la base de l’égalité des chances qui professe que tous les étudiants sont dans les mêmes dispositions organisationnelles avant le concours, et que toute tentative de fraude étant sévèrement punie, le concours est le plus neutralement organisé. Les supports de réponses qui sont les copies des étudiants sont des grilles constituées d’alvéoles dans lesquelles l’on dispose les réponses en les noircissant avec un stylo. Ce type de copies a également été changé en 2008, en gardant toujours le même principe : les nouveautés apportées aux nouvelles copies sont d’ordres sécuritaire, et numérique ; leur promotion est assurée par le centre de correction par lecteur optique (ou C.L.O.U.C.) de l’université de Cocody, dirigé par Pascal Bogui. Ce centre assure la distribution des copies et la correction de celles-ci, on comprend donc difficilement que ce centre s’implique de façon profonde dans l’organisation du concours duquel il doit être normalement exclut.


     L’acquisition de ce nouveau système de composition a été la source de litiges et de retards pour l’organisation du concours en 2008. Convaincu que ce moyen était plus sûr que le précédent le directeur Cyrille Dah envisageait de le mettre en vigueur à l’É.P.S.S. depuis quelques années sans succès. Il avait l’habitude de ce système utilisé de puis quelques années en médecine, et par la volonté des choses, il partage le même laboratoire que le directeur du C.L.O.U.C. depuis plusieurs années. Il était donc facile pour lui de proposer ses intentions à l’administration de l’université d’Abobo-Adjamé, et de solliciter son collègue du laboratoire ; mais il ne fit rien durant plusieurs années, et le premier système s’enfonçait de plus en plus dans son ambigüité correctionnelle.


     Ayant constaté l’inaction du directeur, Pascal Bogui approcha les délégués de la structure Stéphane Coulibaly, et Aboubackar Ouattara (en faisant croire le contraire par la lettre qu’il a exigée d'eux), dans l’intention de leur montrer le bienfait de sa nouvelle méthode afin que ces derniers fassent la pression sur le directeur nonchalant. Quand il sut la manœuvre entreprise par les délégués avec Bogui le directeur Cyrille Dah créa lui-même une polémique qui a eu pour conséquence le rejet de la composition de trois mois. Parce qu’il avait l’autorité sur l’école, il fit publiquement porter le chapeau du rejet de la composition aux délégués, en tenant dans ses bureaux Bogui pour responsable. Ce fut peine perdue. Coulibaly, et Ouattara échouèrent cette année là, et la méthode de Bogui fut adoptée.

 

                                        

                                                       L’ÉCOLE AUJOURD’HUI

      Sans entrer dans les détails de cette année particulièrement orageuse, il faut en fixer nettement les leçons. Si les délégués ont été tenus pour responsables, et pour dupes dans cet épisode, ils avaient tout fait pour qu’il en fût ainsi. Ils n’avaient pas compris que dans l’administration de l’É.P.S.S., la course au leadership surpasse les objectifs premiers de l’école et celui des résultats scolaires. Ce fait est un handicap majeur pour l’école. Le directeur Cyrille Dah souhaitait toujours avoir seul le privilège dans les changements qui surviennent dans sa structure, il refusait d’admettre sa nonchalance dans les démarches administratives qui devaient conduire l’école à la correction numérique des copies. Le directeur du centre de correction, lui aussi enseignant de l’école, ne cherchait rien d’autre que le marché de l’organisation du concours de l’É.P.S.S. Personne, en réalité, ne se souciait de la mise en place de méthodes pour améliorer le succès dans cette école déjà rendue trop difficile à franchir par des méthodes denses dont pour en atteindre le niveau les étudiants se mutilent intellectuellement.


     Les disciplines sont nombreuses, les heures de cours sont colossales, à peu près 700 par année, les enseignements sont faramineux, et pour quelques uns précoces. Rien de ce que la structure offre des étudiants n’est facilement accessible ; le nombre d’étudiants acceptés est de 1400 en 2008, cependant on autorise 400 à être admis. Ce fait montre le désintérêt du succès de la part de l’administration.


     Ce qui a fait de l’É.P.S.S. une école référentielle, ce sont les structures auxquelles elle  permet l'accès, et non son organisation. Pour une structure aussi bien dans sa conception fondamentale que l’É.P.S.S., une gestion académique de qualité s’impose, et elle sera classée dans la catégorie des écoles de prestige.

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poisson 26/06/2011



je connais bien cette structure



un enseignant de l'EPSS, depuis sa création 31/07/2011



cette analyse que je découvre démontre la méconaissance de l'auteur de cette institution, elle est truffée d'imprécisions et de contre vérités, exemple: quand il dit "on autorise 400 étudiants à
passer" il ne dit pas "qui" autorise ce nombre!, il se méprend complètement sur le rôle d'un secrétaire principal dans une université,il ignore que ce sont les étudiants qui ont choisi à l'issue
d'un vote organisé par eux mêmes, le concours unique, et que l'examen avec questions rédactionnelles, a donné une  année :14 étudiants admis après plus de 3 mois de correction, il ne connait
pas les raisons qui ont amené à concevoir l'EPSS, ramenant ces raisons à la surface financière des étudiants, alors que de nombreux maîtres des UFR des sciences de la santé sont issus de familles
modestes, au total il vaut mieux ne pas étaler sur la place publique un sujet qu'on ne connait pas bien, l'humilité nous le recommande 



Hydrure 26/12/2011


Ce enseignant de l'EPSS ferait mieux d'écrire des livres et d'arrêter ses copier-coller perpétuels. Nous savons maintenant que ces gens qui se disent enseignants ici en Cote D'Ivoire sont des
beaux parleurs qui pour la plupart ne valent pas ce qu'ils réflètent. Ils n'écrivent rien et ils savent se venter. Pour une fois un étudiant critique et ce sont des ballivernes qu'un homme au
rang d'enseignant vient deposer comme commentaire! On les connaait ces enseignants qui ne passent leur temps qu'à faire échouer les élèves, à les mettre en retard ou à faire durer les années! ils
se prennent pour des seigneurs sur les facs, et aucun devancier croisé sur la fac ne dira de bonne chose sur ces gens. Les profs de medecine sont les plus avancés dans ce domaine: ils sont
méchants, aigris, égoistesb et il parait mem qu'un certain Dah Cyril est le plus méchant; il n'a pas d'assistant et il est toujours en train de dire aux élèves que leur avenir depend de lui. Cet
article est un bon article meme s'il est faux au moins il dit ce qu'il trouve bon ou mauvais. C'est la FESCI qui est bon pour ces prof qui nous ont fait faire de nombreuses années blanches